Je suis une personne très ouverte d’esprit. Suite du post précédent.
L’un fait la sélection par le haut, le moins que l’on puisse dire de l’autre c’est qu’il sélectionne par le bas… voir il creuse pour chercher ses utilisateurs. Certains sont fiers de montrer qu’ils savent ‘utiliser Word 95/97/2000/2002/2003/2007′ sur leur CV, d’autres le cachent. Lorsque l’on sort d’école et qu’on atterrit dans le (dur) monde de l’entreprise, il convient d’être productif et d’utiliser les outils adéquats (lire: les outils du chef). Pour ça Word remplit parfaitement son affaire: faire un document rapidement, joli et qu’on m’emmerde plus avec après. J’ai calculé (statistique au pif bien sûr) qu’il faut 4 fois plus de temps pour faire un document en Word qu’un document en Latex intégrant: un entête et pied de page, un tableau, un diagramme et 3 paragraphes. Par contre, avec Word, il ne faut pas avoir peur des astuces ridicules et traîner sur PC-Bidouilles: rebooter de 2 manières différentes avant d’ouvrir le doc, faire un copier-coller sur une clé USB seulement, ouvrir Word en appuyant 2 fois sur shift rapidement, prononcer une incantation vaudou (ou une regex perl), etc. Entrons dans le vif du sujet, tout comme le document Latex, quelques astuces pour reconnaître un document écrit avec Word.
Le document Word ne s’ouvre correctement (lire: avec la bonne mise en page) que pour la version pour laquelle il a été créé. Exception 1 (oui Word est fait de beaucoup d’exception) : l’ouverture par Word X+1 d’un document de Word X à une probabilité presque égale à 1 de fonctionner. Ouvrir de Word X+2 un document Word X est une blague. Le document Latex ne souffre pas de ce problème, il s’ouvre avec vi, emacs, ed, write, nano et notepad modulo la conversion Unix/Windows… j’me comprends. Exception 2: Si dans votre entourage une personne utilise un Mac: il faut l’isoler tout de suite ! Il va effectivement réussir à ouvrir le document, le modifier et l’enregistrer sans problème. Par contre, il va vous pourrir toutes les méta données (suivi des corrections, table des matières, etc.) mais les conséquences sont plus sournoises (après tout il utilise un MAC) et se constatent hélas bien trop tard. Comme il a un MAC et vous un PC, c’est lui qui a raison, d’où l’importance de l’isoler tout de suite (ou lui péter son disque dur).
Le document Word ne s’ouvre plus à partir de 10 images jpg (genre des photos). Il faut retaper le document ou lancer OpenOffice (Lequel est le plus rapide à faire ?).
Le document Word reçu par courrier électronique contient presque 1 fois sur 2 le suivi des modifications. Gênant pour une propale surtout si celle-ci a été reprise d’une ancienne propale d’un concurrent. J’dis ça, je ne vise aucune SSII.
Le document Word est en caractère 14 avec une police de merde (genre Time New Roman). Il faut attendre Word 2007 pour avoir une belle police par défaut ou acheter le CD Micro Application avec des polices que personne ne possède (ça fait sérieux).
Le document Word n’a pas un style cohérent (Titre 1, Titre 1 sans souligné, Titre 1 Arial, Titre 1 Arial Bold, …). Le pire c’est qu’il est très délicat (consultant sénior) de faire deux documents identiques à partir d’un même modèle (Astuce: Verrouiller les styles).
Le document Word possède sa propre intelligence artificielle. Le souci c’est qu’il a un sale caractère (surement une IA bretonne). Il naît vierge, il se trimballe de poste en poste, chacun rajoute ses styles, ses modifications, il grossit, grossit. Il devient parfois boulimique. Des métadonnées à ne plus savoir quoi en faire. Il demande s’il peut exécuter des macros: fait comme chez toi. Et un jour il en a marre et meurt: “Word n’arrive pas à ouvrir le document”.
Le document Word a très rarement des références et encore moins des compteurs.
Le document Word possède des jolis graphiques et des jolis tableaux sur 30 pages. Il y a des couleurs pastel et des diagrammes avec des mots en rouge et en gras. Ce que raconte le document ? On s’en fiche, il était 18h quand j’ai réussi enfin à aligner les cellules de ce fichu tableau.
Le document Word a toujours un texte fait avec WordArt de très bon gout (Mention spéciale à l’effet 3D avec une texture l’océan… horrible).
Le document Word possède des marges très grosses pour faire des grooooos documents. Je ne balancerai pas l’auteur de la phrase suivante “Dans 10 pages j’arrête ! Tiens si j’augmentai les marges.”
Le document Word tisse des liens entre les services “Tu sais comment faire pour ouvrir le Word d’un partage.” ou “tu sais comment faire pour insérer un slide powerpoint.” et surtout “Je n’arrive plus à ouvrir mon document. Je l’ai effacé. (Quelle conne)” (1). Bref, par abus de gentillesse ou de naïveté, votre entourage va rapidement comprendre que vos compétences en informatique dépassent la rédaction de document Word. Le week-end prochain vous êtes bon pour réparer l’imprimante de la secrétaire (surtout si elle est mignonne) ou du patron (surtout si…c’est votre patron).
Le document Word soude une équipe “Rha fait chier Word ! J’ai tout perdu ! Ha toi aussi ? Viens on va en causer au café.”….un peu comme Latex “Rha fait chier Latex ! J’arrive pas à placer une figure ! Ha toi aussi ? Viens on va en causer au café.”. Là où Word met tout le monde d’accord, Latex a l’avantage de nourrir un troll indéfiniment (surtout s’il y a un chercheur dans l’équipe).
Le document Word permet d’avoir des excuses pour rendre un rapport en retard: “C’est pas moi, c’est Word qui a planté mon document.”
Le document Word permet d’avoir une machine plus puissante tous les 3 ans. Avec Latex, un 486 DXII est suffisant (avec le bouton turbo enfoncé quand même).
Le document Word fait vivre l’industrie de la sécurité.
Hélas comme souvent l’outil informatique n’est pas adapté aux besoins de l’utilisateur. Dans tous les cas, l’outil idéal pour pondre un bon doc n’existe pas (Non ni Kword ou ni OpenOffice), on s’arrache les cheveux et on hurle de douleur. Dans un cas, on a honte, mais ça prend 5 minutes dans l’autre 3 jours, mais on peut être fier….. A vous de choisir !
(1) C’etait samedi la journée de la femme, maintenant on a le droit aux remarques machistes.